Un
après-midi, mon bon ami Daniel Auger me téléphone : il me dit qu’il vient
de faire une entrevue avec Danielle Ouimet à l’émission d’Ici et d’Ailleurs
(Canal Évasion, 23). En même temps, il me mentionne que la recherchiste de l’émission
se cherche une grande gueule pour faire une entrevue sur la plongée
sous-glace. Moi une grande gueule? Ça ne se peut pas !
J’appelle la
recherchiste et après 3 minutes, soit le temps de répondre à sa question,
elle me fixe un rendez-vous à Montréal pour l’entrevue. Je suis consacré
grande-gueule, faut croire! Pendant le petit dîner d’une heure, on discute
de tout : plongée sous-marine, plongée sous-glace et même de la
descente de l’Aquafête des rapides de Chambly (faut bien préparer la
prochaine !).
Quelques jours avant l’entrevue,
elle m’envoie le texte qui est en quelque sorte l’entrée en matière pour
Danielle Ouimet. Tout est enfin prêt pour le grand jour.
La
veille du tournage, je commet une première grande erreur : soit de
regarder l’entrevue de Daniel Auger sur la plongée. Daniel est sûr de lui,
a une bonne expérience des entrevues télévisées et a fait un excellent
travail. Suis-je à la hauteur de la situation? Est-ce que je vais bafouiller?
Dire des âneries? Je veux mourir !
Le lendemain, je me
présente au studio de la rue Bishop vers midi et ultra nerveux, bien entendu!
Après quelques minutes d’attente, la maquilleuse m’accueille. Afin d’éviter
d’aveugler les spectateurs avec mon front dégarni, un peu de poudre sur le
coco, un peu de maquillage en dessous des yeux pour faire disparaître la nuit
tourmentée, bref on est prêt. Mais je commet alors une deuxième grande
erreur : regarder le moniteur qui diffuse les entrevues en cours d’enregistrement…..La
nervosité me gagne.
Ça y est : mon
heure est venue. Je m’assois dans le studio, avec tous les projecteurs
orientés sur un minuscule pupitre où est assise madame Ouimet. Concentrée,
elle révise le texte de la recherchiste et se fait remaquiller. Elle me
souhaite la bienvenue et me pose quelques questions : pourquoi vous dites
que l’eau est aussi froide en été qu’en hiver? Comment est-ce qu’on
communique avec la surface? Elle est prête et en discutant avec elle, la
nervosité descend. Elle a de l’expérience et le don de faire calmer les
invités me dis-je.
Le régisseur nous
interrompt : 5, 4, 3….. j’ai l’estomac noué. Ça commence…..Je
suis hyper nerveux au départ, mais je m’emporte dans mes explications. Tout
à coup, c’est terminé. Huit minutes se sont écoulées, je ne me souviens
plus de rien. Est-ce qu’on fait la vraie entrevue maintenant? Mais non, c’est
fini! Tout a bien été! On passe au prochain reportage….
Ouf,
je me sens tout à coup épuisé. Je retourne tranquillement au travail et j’ai
une autre crainte : celle de voir l’entrevue. Le jour fatidique
arrive : je positionne la cassette pour enregistrer l’émission. Je
suis prêt! Toute la famille est rivée sur le téléviseur, l’émission
commence, je ne tiens plus en place! En voyant défiler l’émission, je me
sens de nouveau comme à l’enregistrement. Elle pose les questions, je
prépare ma réponse mais je l’entend la dire par quelqu’un d’autre qui
pense exactement comme moi : mon double! Tout ressort, les sentiments, la
nervosité, la peur de dire des faussetés, de bafouiller. Mais voilà, c’est
terminé. Je regarde la famille qui se retourne vers moi. J’ai peur à
nouveau de leur réaction : ils me confirment, c’est bon, j’ai fait
belle figure! Tout à coup, le téléphone sonne. Mes frères et sœurs qui m’agacent,
la vedette !
Bref, une belle et
bonne expérience, mais très intense. Pas la peur de la caméra, mais la peur
de ne pas être à la hauteur de la situation. J’espère avoir réalisé une
chose à travers cette entrevue : avoir transmis à mes collègues le
goût de faire la plongée sous-glace, en toute sécurité.
Pour terminer, un grand merci à Josée
Larivée, recherchiste de la firme Odyssée Communication qui a permis
de partager ma passion. Un coup de cœur à Danielle Ouimet qui a su me calmer
et finalement, un grand merci à ceux qui m’ont fourni de très belles
images, dont AquaFuture
et CPRS.

Pierre Taillefer,
un p'tit Diable qui nous fait honneur !