Journal La Presse, samedi 3 mai 2003
Cet
été, des milliers de touristes partiront faire «le tour de la
Gaspésie». Pourtant après avoir lu La Gaspésie – ses paysages,
son histoire, ses gens , ses attraits, de Paul Laramée et Marie-José
Auclair, on comprend qu'il est impossible de véritablement faire le tour
de cette région infiniment riche.
Le livre aux pages glacées, publié aux Éditions de l'Homme, flirte
avec le guide de voyage. En Introduction, les auteurs écrivent que le
potentiel touristique de la Gaspésie est un géant qui dort. Au-delà de
la route 132, il y a effectivement la mer, les montagnes et un tas
d'histoires.
Le nom Gaspé tient son origine du terme Gespeg que les Micmacs
utilisaient pour désigner «la fin des terres» au XVIIe siècle. Toute
la péninsule s'appelait alors Honguedo, qui signifie «lieu de
rassemblement».
Puis, les Français arrivèrent, suivis des Anglais qui forcèrent une
majorité d'Acadiens à venir s'établir en Gaspésie. Les loyalistes,
fidèle à la couronne britannique, ont eux aussi trouvé refuge dans la
péninsule lors de la Révolution américaine. L'arrivée d'Irlandais et d’Écossais
au XIXe siècle contribue à créer une société encore
plus hétérogène, mais qui se rassemblera autour de la pêche.
Paul
Laramée et Marie-José Auclair énumèrent une série d'endroits à
visiter pour découvrir davantage l'histoire de la Gaspésie, dont
certains vIllages étaient pratiquement coupés du reste de la province
avant la construction du boulevard Perron (route 132), complété en 1929.
Le monument à Jacques-Cartier, le circuit patrimonial de New Carlisle, le
moulin du Ruisseau-des-Olives et toutes les petites églises protestantes
parsèmeront le parcours des touristes qui traîneront La Gaspésie avec
eux.
Les auteurs consacrent évidemment quelque pages à l’emblème de la
région, le rocher Percé. Si l'érosion et la friabilité de la pierre
expliquent à elles seules l'apparition de ce trou si cher à l'industrie
touristique gaspésienne, il existe des légendes beaucoup plus
intéressantes au sujet de ce cap qui s'est détaché de la côte.
L'une d'elles raconte qu'une sorcière était jalouse de l'amour qu'un
prince prénommé Percé portait à une demoiselle nommée Aurore. La
méchante femme jeta un sort aux amoureux qui périrent dans leur bateau
sur la côte gaspésienne. Le navire fut changé en pierre, mais la
sorcière aussi.
Le couple se retrouve donc uni pour l'éternité dans la grande partie
du rocher et la vilaine femme se débat depuis ce temps pour sortir de
l'obélisque, juste à côté. Elle tremblerait tellement de rage qu'elle
ferait tomber des pierres chaque année.
Grands
amateurs de plein air, les auteurs louent les richesses du paysage
gaspésien sur plus d'une centaine de pages. À elles seules, les photos,
toutes de bleu, de vert et de blanc, invitent à l'aventure. La
description de chacun des secteurs où pratiquer des activités à l’extérieur
s’adresse d’ailleurs spécifique-ment aux voyageurs. On précise quel
sentier pédestre emprunter, quels services seront offerts sur place et
où obtenir d'avantage d'informations.
Le dernier chapitre, L'Accueil des Gaspésiens, se lit avant, après,
mais surtout pendant son voyage dans la péninsule. Une fringale en
passant par Bonaventure ? Yvette Poirier, propriétaire du café Le Bec
Flûté, attend les voyageurs avec des spécialités régionales. Elle
fait partie des restaurateurs complices du « bon goût de la
Gaspésie », qui s’appliquent à faire découvrir les produits du
terroir.
Poussant la fraîcheur au maximum, le propriétaire de la Maison du
pêcheur, à Percé, Georges Mamelonet, va même jusqu'à conserver ses
homards vivants dans des cages à 20 mètres de profondeur au pied du
rocher Percé !
D'autres suggestions de restaurants, de boutiques et & gîtes
complètent ce livre, qui arrive juste à point pour la période des
vacances.
La Gaspésie – ses paysages, son histoire, ses gens, ses attraits,
Éditions de l'Homme, 400 pages, 39,95 $