Une problématique se posait : Il
fallait répondre à ces questions et agir, la plupart d’entre-nous
venait d’investir à l'époque plus de 1000$ chacun et il fallait
plonger, et de la bonne façon, avec un encadrement, et pas seulement
une saison !…
Sans plus de structure qu’il ne le
fallait, nous organisions des réunions à la piscine de St-Lambert au
moins une fois par mois, grâce à la collaboration de l’assistant
gérant de cette dernière (Louis Couture), qui fût d’ailleurs le
vice-président fondateur du club; il n’est plus gérant et possède
aujourd’hui son propre bureau de courtier d’assurance avec ses
frères.
Dans ces réunions, il y avait les six
plongeurs et aussi le moniteur qui nous encourageait fortement à
fonder un club; il faut avouer que sans sa persévérance à favoriser
notre création, nous n’existerions sûrement pas aujourd’hui.
Nous avions à déterminer s’il
serait utile de créer un club plutôt que d’adhérer à un autre;
sur la Rive-Sud immédiate de Montréal, il n’y avait rien (je parle
d’un club à but non lucratif).
Il fallait déterminer ce qu’on
voulait faire, à quel prix, et surtout combien de membres on voulait;
grâce à la Fédération et au moniteur qui la connaissait très
bien, nous avons pu nous définir une charte de fonctionnement, un
exécutif avec des descriptions de tâches, et surtout un code d’éthique
et j’insiste sur ce point (un club à but non lucratif).
Notre but principal était de faire
plonger des gens toute la saison et surtout de faciliter les plongées
pour des plongeurs solitaires, mettre en commun notre expérience,
argent et équipement, et par le fait même trouver des sites de
plongée intéressants (la base d’un club, ce sont de beaux sites de
plongée mais non fixes, mis à part quelques-uns).
Un exécutif fondateur est né : un
président, un vice-président, un trésorier, un secrétaire, un
directeur technique (le moniteur), un directeur sécurité, un
directeur relations publiques, un directeur scuba, un directeur
apnée; c’est bien beau, mais où sont les membres ?… Il faut
maintenant faire du recrutement; donc chacun s’est mis à la tâche
et surtout après deux ou trois semaines, je ne me souviens pas, mais
une chose est sûre, il y avait un réel besoin, car nous avions plus
de trente membres possibles. Il fallait donc faire une réunion
générale pour se faire élire (l’exécutif fondateur temporaire).
Je disais donc : Au printemps avant la
saison, il y a eu la première réunion générale annuelle avec les
membres que l’on avait sollicité durant l’hiver à la piscine et
ailleurs; le moniteur nous fût d’une grande ressource car tous les
nouveaux élèves passaient dans notre club et ceux qui désiraient
adhérer se faisaient un plaisir de payer leur cotisation (la fameuse
cotisation, c’est ce qui permet de dire qu’un plongeur est membre
d’un club).
Ah! oui, j’oubliais : Il a fallu se
trouver un "logo", un symbole, un "logo" qui nous
représenterait la mer. Nous avions un trésorier original, Michel
Lafontaine, qui avait beaucoup d’imagination, et il nous a livré un
dessin que nous avons amélioré tous ensembles. Le nom fut trouvé
par Louis Couture avant le dessin et vous comprendrez pourquoi j’espère,
Les Diables des Mers serait choisi et retenu par tous (ce
nom représente une raie Manta de trois tonnes).
Aujourd’hui je suis très fier d’avoir
fondé ce club, en tant que président, et je suis surtout content d’être
encore membre; je dois avouer que ça fait du bien de se faire traiter
comme un membre : la présidence occupe beaucoup pour ceux qui l’ignorent.
Il faut investir beaucoup d’heures et en "manger" sur ses
toasts le matin : Un bon club fonctionne bien avec de bons dirigeants
qui doivent avoir un sens développé de l’animation afin de garder
leurs membres actifs.
À la première réunion générale,
tous les membres nous ont élus et je dois avouer que j’étais très
fier de cette élection; plus de 40 personnes présentes. En deux ans,
nous avions plus de 63 membres (ne pas oublier que seul un plongeur
certifié peut devenir membre), l’exécutif grossit, et il fallut
avoir plus de dix personnes sur le conseil, c’était très lourd et
difficile : Plus l’exécutif grossissait, plus les réunions
étaient longues et les décisions à prendre aussi.
Après un an d’opération, je voulais
savoir ce qu’était la Fédération Québécoise des Activités
Subaquatiques (je voulais en savoir plus). C’est à la descente
des rapides de Chambly (activité annuelle depuis quelques années)
que je fis connaissance, non sans peine, d’un représentant de cette
fameuse Fédé, qui aujourd’hui est le rédacteur en chef de la
revue de la Fédération (F.Q.A.S.).
Il a fallu plus d’une semaine pour
connaître les avantages d’en être membre et c’en était fait :
Des services en français, hé! oui, à cette époque, elle seule
offrait des services en français et elle s’occupait de la formation
pour l’A.C.U.C. à ce moment là. Il fut décidé de bénéficier de
tous les services offerts, et grâce à la F.Q.A.S., une nouvelle
évolution nous permit de recruter d’autres membres. Après trois
ans d’opération, plusieurs problèmes commençaient à naître au
sein de notre club; le plus important, c’était celui de l’appartenance.
Le moniteur avait quitté l’ancienne école où il enseignait et
avait décidé d’ouvrir sa propre boutique et école de plongée, ce
qui amena plusieurs dissensions et contradictions au sein de notre
club à but non lucratif; notre club semblait toujours relié à une
boutique de plongée à but lucratif. Après de longues consultations
auprès de l’exécutif en place, il fut décidé de se séparer de
la boutique qui contrevenait à un règlement de la charte et nous
décidions de voler de nos propres ailes, sans attache et conflits d’intérêts
internes. Ces problèmes réglés, il fallait en réunion générale,
changer nos règlements généraux devant nos membres qui venaient
pour au moins 50% de la boutique.
L’inévitable se produit : Ce fut le
scindement de notre club; la perte de plus de 42% des membres et de
deux directeurs de l’exécutif. Un ajustement de plus d’un an
ralentit les activités du club et un certain découragement de
plusieurs personnes m’obligea à prendre de nouvelles décisions l’année
suivante. La formule du parrainage germait dans ma tête (j’avais vu
ce genre de pratique en Europe). Ainsi naquit le nouveau club
"Les Diables des Mers" de Longueuil avec une charte
modifiée et plus légère, sans contrainte, et aussi un exécutif
réduit (4 personnes seulement); les décisions se prennent ainsi plus
rapidement.
Pour être membre aujourd’hui, il
faut avoir payé au club sa cotisation annuelle
L’effort conjugué d’un exécutif
dynamique à chaque année et de ses membres permet d’avoir un club
sain dans un monde de plongée sous-marine qui, souvent, à tendance
à fonctionner par l’intérieur sans racine réelle et fixe comme
une algue qui se colle au rocher. Quand je dis par l’intérieur, je
m’explique : Ce sont de vieilles rancunes qui circulent ou des
rumeurs sans fondement réel qui datent de l’après-guerre et qui
souvent "minent" notre monde sous-marin, cet espace si
fragile.
En conclusion, je suis heureux d’écrire
cet historique sur Les Diables des Mers, en hommage aux membres
fondateurs énoncés plus bas, ainsi qu’à tous les membres passés
qui ont formé ce club et ceux présents aujourd’hui qui forment la
"famille" actuelle, composé de plus de 45% de femmes.
Encore une fois ! Les Diables ! Merci
pour l’expérience que vous m’avez apporté au cours de ces
années.
Bernard
Regimbeau, ex-président fondateur et aujourd’hui membre régulier #
001
LISTE
DES PERSONNES PRÉSENTES LORS DE LA SIGNATURE DE LA CHARTE
le
3 avril 1979