"LA PETITE MADAME
ÉTAIT TRÈS CONTENTE..."
Nous sommes revenus de notre super
voyage en Caroline du Nord hier soir et la petite madame est
émerveillée de ce qu'elle y a vu.
Paul-Yves a trouvé exactement le
bon mot pour décrire notre séjour là-bas: INTENSE! Des
journées qui débutent tôt (5h30 AM) sous un soleil de plomb.
Des trajets en bateau qui m'ont secoué un peu mais durant
lesquels j'écoutais avec beaucoup d'intérêt les récits de
plongée de notre compagnon Charlie. De l'eau à perte de vue, des
poissons par milliers, des épaves dignes de décors de cinéma.
L'Altas, entre autres, une épave qui semble avoir été
tranchée adroitement d'un coup de couteau et qui révèle ses
nombreux ponts, recoins regorgeant de vie intrigante. L'Atlas,
où des requins par dizaines tournoient au dessus de nos têtes,
des requins qui tapissent le fond de l'océan de leurs dents ou
qui vous frôlent en vous ignorant.
Bien sûr, tout le monde n'a pas le
pied marin! Lundi et mardi, l'estomac d'Éric s'est vidé à
quelques reprises... et il a dû se contenter d'une seule plongée
par jour. Moi-même, je me suis déshydratée lundi et un bon coup
de chaleur, tel un coup de poing, m'a mise KO après ma première
plongée. Et quelle plongée d'ailleurs! Ma nervosité et
l'inquiétude de voir ma douce moitié malade comme un chien
(n'ayons pas peur des mots!) jumelées à un surlestage de plomb
et à une mer agitée m'ont empêchée d'apprécier cette plongée
à sa juste valeur. Je dois avouer également que la petite madame
que je suis n'avait pas tout à fait le goût, ce matin-là, de
croiser un requin!
Le soir même, Serge et Paul-Yves
se sont concertés afin de trouver des solutions pour que le
"petit couple" puisse profiter de son voyage. J'aimerais
souligner qu'Éric et moi avons grandement apprécié cette
démarche de leur part. Les plongées subséquentes se sont faites
groupées et dans la détente. La petite madame s'est calmée et a
pu apprécier pleinement ses plongées.
La Caroline du Nord, c'est
exceptionnel. Les pages de mon log book n'étaient pas assez
grandes pour contenir tout ce que je voulais y inscrire. Éric et
moi avons fait un voyage formidable.
Je me rappelle, par exemple, cette
lente remontée après notre visite au sous-marin. Une remontée
parmi une constellation de Béroés et de magnifiques méduses
qui, telles de fragiles et minuscules parapluies translucides,
dansaient au ralenti dans une houle imperceptible.
Lors d'une autre remontée, il y
avait ce banc d'une quarantaine de Barracudas gigantesques et
immobiles, alignés tels des soldats arrogants fixant l'infini
devant eux.
Comment ne pas souligner également
les bancs de poissons qui nous étourdissaient au Verbena
en se déplaçant comme s'ils étaient dirigés par un chef
d'orchestre. J'en avais le fou rire sous l'eau tellement leur
nombre était incalculable. C'était incroyable! Et tout à coup,
tel un rideau qui s'ouvre pour faire place au spectacle, les
millions de poissons s'écartent et un requin fend la masse, sème
la panique tel un tireur fou dans une foule et me frôle et me
rappelant qu'ici, c'est lui qui mène.
Je n'oublierai pas les Amberjacks
agiles, taquins et imprévisibles qui apparaissent et
disparaissent à la vitesse de l'éclair. Ni les Sheepsheads qu'on
approche sans problème, pas du tout embêtés par notre
présence. Ou encore, ces énormes Oyster Toadfishs gloutons qui
se sont arrachés l'oursin que Charlie leur a servi comme entrée.
La plongée en Caroline du Nord ça
vaut amplement les 18 heures de route pour s'y rendre.
Une fois notre épuisante semaine
terminée, après hésitation puis annulation de notre
réservation à Cape Ann, nous avons changé d'idée de nouveau et
décidé de nous y rendre sur le chemin du retour. Quatre nuits en
camping et quatre magnifiques plongées. Nous avons vu, entre
autres, d'énormes stripped bass et une magnifique raie, d'un bon
deux pieds et demi de diamètre, qui se soulevait élégamment du
sol comme une jupe soufflée tout en douceur par le vent. Des
homards, crabes, Bernards l'Hermite et étoiles de mers par
dizaines. De la vie en abondance au pouce carré! Seule épine au
pied à Cape Ann... le stationnement. Mais c'est un moindre mal
lorsqu'on n’est pas pressé et passionné par la plongée.
À une heure de route de Nubble
Light, au Maine, comment résister à un arrêt supplémentaire
pour deux dernières plongées sur le chemin du retour. Quelle ne
fut pas notre surprise d'y croiser des Diables! Pour une dernière
journée de vacances aux États-Unis, c'était réussi! Et enfin,
Éric a pu admirer et toucher ces énigmatiques Hémétriptères
qu'il n'avait pu observer en mai passé.
Nous sommes de retour après 4360
kilomètres... rassasiés de plongées et la tête encombrée de
souvenirs!
Au gros gros merci à nos
sympathiques organisateurs, Serge et Paul-Yves.
Marcel, Céline et Jonathan, ce fut
un plaisir de partager ce voyage avec vous!
Le petit couple, Éric et Hélène