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Dr Mario Côté
Médecine hyperbare

Il y environ 10,000 personnes qui s’adonnent à la plongée sportive au Québec. De ceux-ci un certain nombre feront de 25 à 75 plongées par année mais la plupart moins de 10 plongées. À chaque année environ 4,000 nouveaux plongeurs sont formés.

Le plus publicisé de cette activité sportive ce sont ses décès. Les accidents de décompression, moins reconnus, peuvent provoquer une morbidité importante dans une population jeune et productive. La prévention et l’enseignement sont un des moyens pour diminuer l’impact de cette condition.

La première description de la maladie de décompression a été apportée par l’ingénieur français Triger en 1841. Les victimes à ce moment étaient des mineurs de charbon qui travaillaient dans des mines qu’on pressurisait pour en évacuer l’eau. Ce n’est qu’en 1878 que le physiologiste Paul Bert en a découvert la cause soit la décompression trop rapide résultant en la formation de bulle d’azote. En 1889 le taux de décès annuel par maladie de décompression lors des travaux sur le tunnel de la rivière Hudson à New-York était de 25%. Un ingénieur britannique, E. W. Moir, en raison de ces décès pris la décision de bâtir une chambre de recompression et de recomprimer tout travailleur qui présentait des symptômes afin de procéder à une lente décompression. Même si lui-même décrivit ce traitement comme homéopathique, il réussit à réduire le taux de mortalité par maladie de décompression à 1,6%.

En 1908, Haldane développa les premières tables de décompression permettant aux travailleurs en air comprimé de prévoir, selon la profondeur et la durée, les paliers de décompression a effectué lors de la remontée afin de mieux libérer leur charge d’azote et ainsi éviter la maladie de décompression. Ces tables furent les prémisses de ceux existant aujourd’hui. Mais même à ce jour il persiste des éléments incompris dans la libération de la charge d’azote et aucune table n’est parfaite dans la prédiction de celle-ci.

En 1944 et 1945, la marine américaine (US Navy) développa les premières tables de traitement de la maladie de décompression (Table 1 à 4). Ces tables de traitement bien qu’imparfaite représentaient une amélioration phénoménale en regard des procédures de recompression précédentes qui n’étaient qu’empirique. Les tables 1 à 4 furent le standard de traitement pour les 20 années suivantes.

En 1964, l’augmentation de l’utilisation de la plongée autant à des fins commerciales que sportives fit apparaître les lacunes de ses premières tables de traitement. Le taux d’échec de traitement s’élevait à 47.1% lors de présence de symptômes sérieux de la maladie de décompression. En raison de cela Robert Workman et Michael Goodman du Navy Experimental Diving Unit (NEDU) ont approfondi l’utilisation de traitement avec l’oxygène à des pression plus faibles. Leurs travaux menèrent au développement des tables 5 et 6 de traitement le 22 août 1967. Grâce à ces tables la durée du traitement fut diminuée de façon drastique et la profondeur maximale de traitement était seulement de 60 pieds. L’avènement de ces tables diminua à ce moment le taux d’échec au traitement à 3,6%. Ces tables de traitement sont encore aujourd’hui le standard de traitement de la maladie de décompression.

Le traitement de choix de la maladie de décompression est la recompression en chambre hyperbare. Ce traitement doit être débuté le plus rapidement possible suite à l’apparition des symptômes. L’organe noble principalement atteint par cette condition est le cerveau. On peut comparer la thrombolyse de l’infarctus du myocarde à la recompression en chambre hyperbare pour les maladies de décompression. La conséquence du retard du traitement en minutes augmente de façon exponentielle les risques de séquelles irréversibles pour le plongeur.

Le Dr. Mario Côté a été diplômé en médecine à l’Université de Sherbrooke en 1987. Après avoir débuté sa carrière médicale à la base des forces armées canadiennes de Valcartier, il est devenu plongeur en 1991. Avant tout, il est médecin de plongée plutôt qu’un plongeur médecin. En effet, il a poursuivi son perfectionnement à l’IMCME (DCIEM) afin de devenir médecin du peloton de plongeur de combat du 5ème Régiment de Génie de Combat jusqu’en 1994. Il est membre de la Undersea and Hyperbaric Medical Society et médecin de référence de l’organisme DAN. Présentement, il est le chef de service de médecine hyperbare du Centre Hospitalier Universitaire Affilié Hôtel-Dieu de Lévis. Il est aussi médecin de plongée pour plusieurs entreprises de plongée commerciale ainsi que pour l’escouade de plongeur de la Sûreté du Québec.

Mario Côté a cumulé environ 200 plongées depuis sa certification, presque uniquement en eau chaude. Il n’est pas un plongeur assidu mais il aime plonger, son principal intérêt étant la vie marine. Il a travaillé à plusieurs reprises comme médecin de plongée aux Clubs Med de Turquoise et Columbus où il a réalisé ses plus belles plongées. Entre autres, son plus beau souvenir de plongée relève de West Caicos (îles Turquoises dans les Caraïbes) où il a pu suivre une raie Manta pendant plusieurs minutes.

 


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Dernière mise à jour:  12 mars, 2006