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Revue La Plongée              


 

LA GUADELOUPE
« L'île aux belles eaux »

Journal LA GRIFFE, Vol. 8, No. 1, premier trimestre 1988

Texte de Diane Coallier et Bernard Régimbeau

 

Je pense qu'en 1494 quand Christophe Colomb a découvert cette île, qui faisait partie d'une série d’îles sous-marines et pour cause, ce loisir n' existait pas encore et surtout, sous la forme que l'on connaît aujourd’hui.

Le nom qu'il lui a donné reflète bien à quel point la qualité des eaux et surtout la richesse sous-marine qui habite ses eaux; car les multiples couleurs que l'eau possède ne viennent pas du ciel bleu, mais plutôt du fond marin, associé à un soleil qui a une pénétration des plus enviables.

Notre histoire se situe au moment où nous avons reçu une invitation du vice-président de la FFESSM (Fédération Française Études et Sport Sous Marin), et monsieur Daniel Mel et son associé Dominique Deramé nos hôtes qui nous ont fait un accueil charmant (mais attention au ti-punch...)

Leur base de plongée est située sur le site d'un ancien club Méditerranéen et tout le monde connaissent les clubs meds, alors on ne peut discuter ce bon choix d'un promontoire rocheux, très bien aménagé avec une pièce où l'on loue l'équipement complet (palmes, masque, tuba, collier, veste, habit, etc...); la pièce d'à côté comprend une salle pour se changer ou se remettre en beauté avec deux salles de toilettes et bien entendu un distributeur de boissons fraîches (qui ne rend pas la monnaie d'ailleurs); plus haut un autre promoteur, durant notre séjour, était en train d'aménager un restaurant et deux chambres pour recevoir des touristes bien entendu le tout avec vue sur la baie où sont ancrés des voiliers de toutes catégories.

Revenons à la plongée; la pièce où l'on loue l'équipement est équipée de deux gros compresseurs "Bauer" de 27 CFM chacun et d'une série de bouteilles cascades (tampons), le tout bien entendu relié par un tuyau d'acier inoxydable qui se rend jusqu'au quai, lui-même relié à la base par une série de marches (une cinquantaine au moins #!"#??...)

Sur le quai, c'est là que tout se passe pour le départ de chaque plongée; un superbe bateau (ancien chalutier breton) qui peut accueillir facilement plus de 40 personnes et accommoder plus de 35 plongeurs à chaque sortie; car les cylindres restent en permanence sur ce bateau et c'est ce qui rend agréable de plonger avec cette base de plongée; il n'y a pas de cylindre à transporter à chaque fois, pour les faire recharger, car notre génie français Daniel Mel et bien heureux hôte a fait installer un "comptoir" d'air au bord du quai; tout ce que nous avons à faire après chaque plongée, c'est d'amener un tuyau flexible haute pression entre le bateau et le quai, le brancher et sur le bateau "une pieuvre" de 6 remplisseurs peuvent remplir 6 cylindres à chaque fois; la capacité des tampons plus haut, font que moins de 5 minutes nous retiennent sur le quai pour les remplissages de cylindres; j'allais oublier que sur le quai une douche a été aménagée pour nous permettre de nous rincer à l'eau douce après chaque plongée et aussi de laver notre matériel de plongée.

Allons donc plonger, je sais que vous en mourrez d'envie; je dois admettre que la plongée peut se faire du bord pour ceux qui ont peur en bateau; mais il me faut reconnaître que la plongée sur la "réserve Cousteau" n'a d'égal que son nom; c'est autour des îlets Pigeons que la majorité des plongées se font et l'on a compris pourquoi, durant notre séjour de 15 jours sur ce site. C'est surtout le vent qui décide de nos plongées et bien entendu; quand nous sommes au centre des îlets qui représentent deux îlets de taille moyenne, des bouées d'ancrage nous attendent afin d'éviter d'arracher le fond marin qui est spécialement accrochant pour nos yeux; il y en a pour tous les goûts; (apnée, scuba,...) la profondeur varie autour des îlets entre 3 mètres (10 pieds) et plus de 70 mètres (250 pieds). Nous nous tiendrons entre 3 mètres et 43 mètres: profondeur visitée pour les auteurs de l'article.

À trois (3) mètres déjà, cette clarté impressionnante et ce bleu turquoise (qui caractérise les eaux du sud) nous envoûte et notre seul désir, c'est d'en voir encore plus: tout d'abord autour des îlets Pigeons, sur les tombants, les coraux côtoient les anémones, les annélides bispiras communément appelés plumeaux, les gorgones, éponges tubulaires et autres; toutes les couleurs sont de la partie; par exemple, un après-midi où je plongeais avec un copain parisien qui faisait de la macro-photographie sous-marine, Jean-Claude, celui-ci n'arrivait pas à bien cadrer chaque corail car dans un mètre carré, j'en ai compté plus de 9 espèces différentes; et cette flore, si dense soit-elle a pourtant son charme particulier, dépendant de la profondeur; mais continuons plutôt notre descente; à chaque mètre, les couleurs se modifient mais la richesse des fonds ne fait que se concrétiser les tubulaires allongent et grossissent, les gorgones dansent avec un peu plus d'aisance, les coraux-cerveaux augmentent de volume et même les "coraux de feu" se dressent majestueusement protégeant ainsi leur environnement des intrus en les gardant à distance.

À chaque plongée et quelle que soit la profondeur, nous entourent des centaines de poissons de toutes espèces connues dans les Antilles, qui forment de façon régulière, entre deux eaux, un ciel semé d'étoiles qui scintillent de milles feux éclatants, qui vont et viennent au gré de l'eau. Ils sont très variés, pas énormes, mais sans cesse présents à garder leur territoire: des sergents-majors aux perroquets, en passant par les murènes, les serpents de mer, les balistes, les poissons-trompettes, poissons-soldats au regard triste; et ces poissons dits "disco", qui tricotent leur chemin dans les coraux, et ces "demoiselles" d'au moins 3 centimètres qui vont jusqu’à mordiller le plongeur qui s'approche un peu trop de son éponge.

Ce qui m'a le plus impressionné, c'était le matin où nous avons décidé de descendre 43 mètres pour voir la fameuse source d'eau chaude qui jaillit des entrailles de la mer à plus de 90 degrés centigrade. Nous avons dérangé ce couple de perroquet d'au moins 4 mètres chacun, qui se chauffaient à proximité de leur nouvel habitat, en effet c'était la première fois que les habitués les apercevaient dans les parages. Ils étaient tout simplement magnifiques... Et j'ose espérer qu'ils seront au rendez-vous des prochains plongeurs.

Donc à chaque plongée, c'est la découverte de cette grandeur muette et majestueuse et un ébahissement de chaque instant devant ces beautés naturelles et uniques qui forment les fonds marins en Guadeloupe.

Mon désir le plus cher est que tous les êtres humains de la terre, qui aiment le silence et la beauté, vivent au moins à une occasion, ce que j'ai vécu lors de mes dix huit (18) plongées là-bas.

Merci à mes hôtes, les deux Daniel, merci aux copains qui ont plongé avec nous et merci à Cousteau de nous avoir initié à ce loisir fabuleux…

Diane Coallier, présidente des Diables des Mers inc.
Bernard Regimbeau, trésorier des Anges de la Mer inc.

 


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Dernière mise à jour:  26 mars, 2006