Il m'a fallu du temps pour retrouver mes esprits et
décongeler mais ça y est, je suis à nouveau fonctionnel et je me rappelle de
tout maintenant.
Vendredi soir, je vérifie le matériel pour ne rien oublier
car ça doit être une plongée mémorable... la "Première" de la
saison et je veux pouvoir raconter cette aventure incroyable à mon kiki dès
mon retour. Le petit gars admiratif et fier de son papa s'endormira en rêvant
d'aventures aquatiques. Mais revenons à la plongée. Je dis "la" car
je vous préviens que je ne peux en raconter qu'une.
Donc dès l'aube, je sifflote sur la route, le soleil est là….
Et les Diables aussi. Les voitures sont alignées, les gars (juste des gars...)
s'affairent déjà avec leur matériel. Poignée de main, échange d'informations
essentielles... La température de l'eau ?... Courant?... Visibilité ?.... Vous
êtes tous en dry ?... Personne d'autre que moi ne sera en wet alors ? De toute
façon mon wet est beaucoup mieux ajusté que la saison précédente car l'hiver
n'a pas été assez froid pour que je consomme toutes mes réserves pendant
l'hibernation.
Premier contact avec l'eau pour rincer le masque. Puis le
pieds, le mollet, la cuisse s'enfoncent dans l'élément liquide qui s'infiltre
dans mon wet. Le mot "wet" prend ici toute sa signification...
Richard est mon compagnon de plongée, on va faire le tour de
la petite baie afin de se laisser porter par le courant jusqu'à la bouée...
Beau projet. Mais le courant nous déporte plus vite que prévu et le souffle un
peu court on flotte accrochés à la bouée avant de descendre vers le Lock. Et
là, la magie comme d'habitude opère dès que les premiers centimètres d'eau
nous recouvrent.
On descend et le Lock dévoile ses pans de bétons et ses
morceaux d'acier... On s'accroche où on peut pour résister au courant. On
progresse et on croise en chemin une écrevisse rikiki, pis une salamandre. Pour
nous ce sera les seuls hôtes de ces lieux, la saison touristique n'étant pas
encore lancée. On se laisse dériver avec le courant vers la fin de l'écluse
et on revient paresseusement, faut dire que le moindre mouvement me rappelle que
l'eau est froide en cette saison. Un signe à mon compagnon pour lui indiquer
que je commence à être frigorifié et c'est avec regret que nous prenons le
chemin du retour. Montée lente vers la surface, la tête émerge de l'eau et on
nage vers la rive que le courant, encore lui, tente d'éloigner... On y est
enfin. Je sort de l'eau transit, soufflant comme un phoque mais le visage
rayonnant. Rien de tel qu'un bon lunch pour reconstituer les calories
évaporées... Fin de la première plongée qui a quand même durée 36 minutes
dans une eau à 6 degrés Celsius.
Ludovic Andrivon