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Revue La Plongée              


Baptême d’une Diablotine à Nubble Light

Du 23 au 25 juin 2007

Texte : Clarisse Beaudot
                         Photos : Lucie Dubois et Françoise Beaudoin

Pour résumer, ce week-end à Nubble Light était génial. Ben oui vous avez déjà compris que j’étais française.

C’est la sortie de la Saint-Jean Baptiste qui m’a enfin décidé à m’inscrire au club de plongée Les Diables des Mers et après cette fin de semaine (vous voyez je m’améliore), pourquoi ne l’avais-je pas fait plus tôt, je me le demande.

Les Diables pure laine

Marcel, Céline, la Miata rouge et la remorque.

Françoise qui a besoin de crédits pour aller plonger, Rachel, Richard qui donne les crédits

Frédéric, José qui avait la plus grande chambre (on dit aussi le salon)

Christiane ma coloc de l’occasion

Lucie la SDF (sans domicile fixe) qui s’est finalement trouvé un lit double dans la mezzanine avec terrasse privée et ses deux fauteuils

L’hébergement, la bouffe

Hyper luxueux, Lucie nous a dégoté une très grande maison toute neuve, très bien équipée. La télé écran plat accrochée au mur et les haut-parleurs dans le plafond nous ont beaucoup impressionnés. Il y avait tout sauf une essoreuse à salade et comme nous mangions santé, il nous en fallait une, un moulin à café aussi.

Christiane a orchestré les courses et les repas, suivant scrupuleusement la liste, pas d’extra du genre croustilles ou gâteaux gras et sucrés, au grand désespoir de José.

Françoise nous a sorti des douceurs de sa valise : une petite sauce sirop d’érable – ketchup (et oui, j’aurais pas cru que ce serait délicieux), une gelée au porto, du bon vin, d’excellents fromages qui puent. Je me demande si elle n’est pas un peu française sur les bords.

Et puis nous avons parlé de bouffe pendant les repas, je croyais que c’était une spécialité française de faire ça.

La veillée de la Saint-Jean Baptiste

La demi tarte aux couleurs américaines (genre drapeau) a été remplacée par deux très grands drapeaux québécois, je les ai senti un peu chauvin sur ce point.

Au menu homard, clams frits, poulet, salade, salade de fruits, vins.

Nous avions apporté de la musique québécoise, alors il s’est fredonné du Beau Dommage, les Colocs, les Cowboys Fringants. Plamondon n’a pas trop fait recette. Frédéric et moi avons dansé sur la danse à St-Odilon (je ne suis plus bien sûre du titre de la chanson, j’ai pas mal de retard en folklore local), ça s’est arrêté là pour la danse.

Nous avons essayé de visionner les photos numériques de Frédéric sur la grosse TV mais elle n’a rien voulu savoir à part de nous montrer de minuscules icônes.

Comme j’étais nouvelle, je suis passée au cash, une question indiscrète par personne.

La plus simple, celle de Richard : « Sexe? ».

La classique : « Mais pourquoi tu es venue au Québec? » Réponse : « Pour la neige »

J’en ai réchappée. Je suis maintenant un peu plus québécoise et un peu plus diablotine.

Les plongées

Merveilleuse météo : grand ciel bleu les deux jours où nous avons plongé

Eau : froide mais à combien? 48°F ou 9°C (voir la bataille des systèmes)

Faune et flore très riche

Samedi

Deux plongées de Nubble Light, une en face l’autre à gauche en entrant dans l’eau, pas vraiment besoin de boussole.

Christiane nous dit qu’il y a des hémitriptères. Emy quoi ? Hemitripterus americanus c’est quand même plus beau comme nom que Sea Raven en anglais, connu aussi sous crapaud de mer, une espèce de rascasse avec des ailes, jaune pâle ou rouge vin.

Il y a aussi de grandes plies, un poisson écrasé avec les deux yeux du même côté ; mais aussi de petites plies très discrètes qui se recouvrent de sable.

Les homards sont curieux et viennent voir qui se pointe à leur porte. « José arrête de les soulever, ils vont faire une crise de cœur... »

Aussi beaucoup de sortes d’algues de formes et couleurs différentes.

Marcel fait des envieux avec son recycleur, son scooter des mers. Il a abandonné le scooter après quelques tentatives de démarrage en trombe sous l’eau.

Je montre à Françoise un très beau nudibranche surnommé hérisson mais qui ne pique pas; et bien elle ne l’a pas vu. Lucie a pris en photo une belle raie qui se faufilait discrètement sous le sable.

Saviez-vous qu’il y a une plaque sous l’eau avec un poème en anglais ?

Dimanche

Après s’être renseignés officiellement au poste de police et qu’il est exact que la plongée est interdite le dimanche, nous décidons de plonger tout à côté de la plage où un escalier nous donne accès au rivage.

Pas plus de 4 mètres d’eau mais plein de faune et de flore, un peu de rocher et du sable.

Un banc de bars que je n’ai pas vu, des plies, des homards, des crabes, des étoiles de mer qui aiment se dorer au soleil, des Hémitriptères en pagaille (ça veut dire beaucoup), une très petite mais très rapide raie, un insecte de mer, une toute petite méduse avec une longue queue et un très beau nudibranche que Lucie a réussi à prendre en photo.

Lundi

Dernière plongée à 7h30 am, histoire de ne pas avoir de regret.

Lucie a été malade pendant la nuit, elle doit renoncer à son grand désarroi. Nous nous retrouvons donc Françoise et moi pour cette plongée finale, la marée est haute et le site désert à cette heure de la journée.

Nous emportons un drapeau de plongée dans lequel immanquablement celui qui le tient (c’est à dire pas moi) s’emmêle sans parler du casier à homard qui s’est mis sur notre route. Nous finissons par abandonner le drapeau sur le casier, et nous le reprenons au retour. Et pendant que nous vidons notre air à essayer de se défaire du fil jaune, il passe un gros poisson, une truite de mer d’après Françoise. Nous avons aussi vu un minuscule nudibranche.

Énigme : C’était quoi cette masse blanchâtre formée de tubes avec des points que nous avons vue sous l’eau. J’opte pour des œufs de quelque chose, il y en avait vraiment beaucoup, des milliers.

Les anecdotes

  • José et Frédéric, condamnés à dormir ensemble, pour être sûr de ne pas se toucher, ont calé 2 cylindres au milieu du lit.

  • Moudre du café à 6h du matin avec une cuillère, ça fait du bruit (José)

  • Hummm !  Deux sortes de yaourt, fraise ou mangue. José choisi l’exotisme, mais il se ramasse finalement avec l’excédent de la sauce à spaghetti.

  • Visite surprise de Serge et sa femme dans leur nouvelle Solstice flambant neuve.

  • Bataille de système métrique et innombrables systèmes impériaux : Psi contre bar, pieds cube contre litre, livre contre kilo, pied contre mètre, Fahrenheit contre Celsius, …

  • Françoise : « C’est pas des BS qui restent ici » en référence à toutes les énormes maisons neuves qui bordent la côte.

  • Sacrifice de José et Lucie pour aller faire remplir les bouteilles dans le New Hampshire, la boutique de York étant fermée depuis 4 ans. Pendant ce temps là, nous plongions sans stress.

  • Rachel a la corvée de moudre du café dans un sac plastique et une bouteille, la technique est efficace, elle devrait être brevetée.

  • « L’Hémitriptère, il est tellement laid qu’il en est beau » (Frédéric)

  • « Des crédits, c’est quoi des crédits? » (moi) «  Ah des air lousse ! » (je vous l’ai dit que je suis un peu québécoise)

 

Conclusion

J’ai vraiment aimé cette fin de semaine, j’ai trouvé des Diables qui aiment chercher et observer les petites bêtes dans 5m d’eau, ça suffit à faire mon bonheur. Et j’ai réussi à faire des photos avec mes mitaines à 3 doigts, c’était une première.

Malgré les kilomètres qui me séparent de presque tous les membres des Diables, j’espère plonger encore avec vous d’ici la première neige.

Clarisse Baudot

 


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Dernière mise à jour:  22 juin, 2009