C’était à l’hiver
1982, Bernard Régimbeau, le Maître-Diable, lançait l’invitation
pour une soirée d’information sur la photo sous-marine à
Longueuil. Un certain Jean Laliberté y serait l’instructeur. Je
loue donc un beau Nikonos III chez Béchard Sports à St-Jean et
puis en route pour une piscine dont j’ai oublié le nom à
Longueuil. Il y a là pas mal de monde, mais du haut de mes 17 ans,
bien peu de ces « vieux » m’auront remarqué.
Ça n’aura pas pris beaucoup de temps pour
réaliser que Jean Laliberté est tout un personnage. Il se
présente comme un ex-policier récemment retraité. Il nous dit qu’il
fabrique ses appareils et vit littéralement dans son atelier. Par
contre, quand il nous a montré sa version d’un Hasselblad
sous-marin, tout d’un coup on l’a pris pas mal plus au sérieux.
Alors qu’on pensait aux Instamatics, lui jouait du deux et quart
sous l’eau!
Son exposé portait autant sur la photographie
sous-marine que sur la construction de caissons étanches. Pour moi,
c’était la réalisation que le commun des mortels pouvait
construire lui-même un boîtier, y mettre un appareil valant
plusieurs semaines de salaire (d’adolescent) et l’utiliser sous
l’eau sans risque. La soirée s’est poursuivi avec des essais en
piscine.
Non seulement, c’était le début d’une
passion pour la photo sous-marine mais Jean Laliberté a aussi été
le déclencheur d’un goût pour le bricolage étanche. Ainsi, mon
très précieux « Pentax Me » s’est retrouvé en
caisson, puis ce fut
l’époque des lampes de plongée suivies des
flashs et finalement d’un caisson vidéo. J’ai dû me rendre à
l’évidence que je n’avais ni le talent ou la patience de Jean,
ni… les moyens d’avoir un tour et une fraiseuse dans mon
appartement d’étudiant en biologie.
Après ce premier contact, Jean a eu droit à
plusieurs appels téléphoniques où il a pris beaucoup de temps
pour répondre à des questions certainement élémentaires pour lui
mais essentielles pour un débutant. Il a donné biens des trucs
mais il a surtout su développer ma curiosité devant les problèmes
techniques en apparence insolubles. Une curiosité qui ne s’est
jamais éteinte.
Les années ont passé. Son nom refaisait
surface de temps à autre et on me dit qu’il passait tout son
temps libre aux Escoumins. Le hasard a fait que nos chemins ne se
sont jamais recroisés. Par contre, il me fait un grand plaisir ce
soir de lui rappeler ou peut-être même de lui apprendre que c’est
lui qui m’a fait découvrir la photo sous-marine et que je serais
peut-être un peu plus riche aujourd’hui si je ne l’avais pas
rencontré… et j’en suis bien fier.
Richard Larocque
Photographe éternellement amateur, biologiste, fonctionnaire et
plus que 16 ans avant la retraite!