Stéphane Lorrain
Limnologie et
hydrologie du St-Laurent
Possédant une maîtrise en océanographie de
l'Université McGill, Stéphane à travaillé durant 7 ans pour Environnement
Canada. Depuis maintenant 5 ans, il agit à titre de consultant dans la caractérisation
des sédiments lors de différents travaux pouvant affecter l'équilibre et la
santé du fleuve.
C'est ainsi que Stéphane nous informe que le fleuve
St-Laurent est l'un des 10 plus grands fleuves au monde et qu'il franchi une
distance de 1600 km entre le lac Ontario et le golfe. Son faible débit de 8,000
à 12,000 m3/sec n'est que le cinquième de celui du Mississippi. Pour cette
raison, il transporte peu de sédiments (1/50 de celui du Mississippi) puisque
le faible débit entraîne une meilleure dispersion. Il est à noter que les sédiments
absorbent la majorité des contaminants.
Du côté géologique, il nous apprend que
le fleuve St-Laurent est relativement jeune malgré le fait qu'il existe depuis
3,000 ans. Ce fleuve est peu profond dans son ensemble, la partie profonde se
retrouvant dans le chenal. Ses travaux se sont concentrés surtout sur la
portion fluviale située entre Cornwall en Ontario et Trois-Rivières au
Québec.
Dans cette portion du fleuve, nous retrouvons les
lacs St-Pierre, St-Louis et St-François, où l'écoulement se fait surtout dans
les chenaux. Sur les fonds de moins de 5 mètres, les herbiers agissent comme
filtre.
Le fleuve ne contribue pas par lui-même à sa
turbidité. C'est l'apport des tributaires qui apportent la majeure partie des sédiments.
Il existe un lien étroit entre la composition des sédiments et les débits.
Des études démontrent que le fleuve est plus contaminé vers l'aval. Par l'échantillonnage
des sédiments du lac St-François, il est constaté qu'il y a peu de mélange
entre la rive nord et la rive sud, le chenal agissant comme une barrière à la
propagation des sédiments.
Stéphane nous démontre trois techniques d'échantillonnage.
Le premier est le carottier manuel utilisé en plongée à l'aide d'une masse
pour l'enfoncer. Le second est le carottier électrique contrôlé de la
surface. Le dernier est utilisé pour les parties profondes et consiste en un
carottier de 20 mètres de long et pesant 2 tonnes. Les carottes ainsi
recueillies sont alors tranchées, datées et analysées. C'est ainsi que l'on
peu tracer un portrait assez fidèle de l'évolution de la santé du fleuve à
travers les années. Nous apprenons alors que le niveau le plus élevé de
pollution date des années 70 et que de nos jours le niveau de pollution est à
son plus bas.
Cependant, tous les contaminants demeurent présents
dans les sédiments, c'est pourquoi il y a beaucoup d'études environnementales
lors de travaux majeurs de dragage dans le fleuve. L'abaissement de la voie
maritime et les travaux de dragage peuvent remettre en suspension des sédiments
très contaminés. Du côté américain, une loi rend responsable toutes les
industries de la contamination des berges avoisinantes. Ainsi, à Massena, face
à Cornwall, pour recueillir les sédiments contaminés, ils ont eu recours à
des murets sous-marins pour isoler la dispersion des sédiments et éviter qu'il
se retrouvent à la dérive dans le fleuve. L'extraction des sédiments s'est
effectuée à l'aide de long tuyaux pour être, par la suite, acheminés au site
d'enfouissement.
Les appareils de mesures consistent de trappes à sédiments,
de transmissiomètres pour connaître la turbidité et de courantomètres électromagnétiques.
Tous ces appareils sont placés sous la surface et reliés à une bouée 15
pieds sous la surface. Plusieurs plongées par années sont nécessaires pour
recueillir les données. Stéphane nous a expliqué que lors des plongées
d'hiver, ils ont recours au narguilé et au casque dur. Par mesure de sécurité,
le transport sur le site s'effectue en hélicoptère...
Voir aussi :
Activités hivernales du club de plongée Les Diables des
Mers / Souper - Conférence
LE SAINT-LAURENT ET LA POLLUTION
Présenté par M. Stéphane Lorrain