Vers le début des années 1960, l'augmentation du nombre de plongeurs, et
conséquemment, du nombre d'accidents de plongée, justifia la formation d'un
réseau d'urgence-plongée aux États-Unis: le Diver Alert Network, mieux
connu sous l'acronyme DAN. D'après les statistiques de la marine
américaine, le taux d'échec du traitement initial en chambre de décompression
passa de 14% à 47% en 1964, situation attribuable au nombre sans cesse
croissant de plongeurs autonomes civils ayant omis de respecter les règles
strictes auxquelles sont soumis les plongeurs de la marine. Et les piètres
résultats de la chambre hyperbare à l'époque étaient dus aux longs délais
entre le moment de l'accident et le début du traitement.
En outre, des recherches sur l'efficacité des tables utilisées pour le
traitement à l'oxygène ont abouti en 1967 à l'élaboration des tables I, II,
III, IV, V, VI, VA et VIA, nettement supérieures aux précédentes.
Malheureusement, les résultats continuèrent de décevoir dans bien des cas,
toujours en raison des délais trop longs entre l'accident et le traitement.
En outre, on se rendit compte que l'ignorance des plongeurs et des médecins
face aux symptômes de la maladie des caissons et de l'embolie artérielle
gazeuse ainsi que du traitement approprié avait un rôle important à jouer
dans l'augmentation du nombre d'accidents de plongée.
Bien sûr, plusieurs établissements d'enseignement de même que certaines
bases des forces navales et aériennes possèdent des médecins spécialisés
dans les accidents de plongée, qu'on peut appeler pour obtenir des conseils.
Toutefois, les installations qu'on retrouve à ces endroits ne sont pas toujours
à la disposition des plongeurs civils. La base aérienne Brooks, par exemple, a
déjà fourni un service de renseignements 24 heures, surnommé Leo-Fast;
celui-ci renvoie maintenant les clients au DAN. Il fallait donc combler deux
lacunes: l'absence d'un service d'urgence structuré à l'échelle du pays et
les problèmes de communications auxquels devaient faire face les spécialistes
pour prodiguer leurs conseils. C'est ainsi qu'on en est venu à proposer un
service national à la disposition de tous, en cas d'accident de plongée.
En 1977, l'Undersea Medical Society (U.M.S.) entreprit la
planification d'une organisation nationale ayant accès aux installations
existantes pour le traitement en chambre hyperbare, qu'il serait possible de
rejoindre vingt-quatre heures sur vingt-quatre, à partir d'un même numéro de
téléphone pour tout le pays. Le DAN, installé à la chambre hyperbare du
centre médical de l'Université Duke, à Durham en Caroline du Nord, devint
donc une réalité en septembre 1980 grâce à une subvention de deux ans
accordée par le National Institute for Occupational Safety and Health
(NIOSH) et le National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). On
divisa les États-Unis en sept zones incluant l'Alaska, Hawaii et les
territoires du Pacifique. Des experts en médecine relative aux accidents de
plongée, familiers avec les chambres hyperbares existantes, se portèrent
volontaires pour agir à titre de coordonnateurs régionaux.
Toutefois, les responsables de l'U.M.S. exprimèrent bientôt leur crainte
que l'appui à court terme accordé par les autorités fédérales ne menace le
développement du DAN. On s'empressa donc de rechercher des appuis ailleurs. Les
responsables de l'industrie de la plongée, des agences de certification scuba
et, bien entendu, du réseau DAN lui-même étaient d'avis que le service offert
était nécessaire et louable mais ne réussissaient pas à s'entendre pour
trouver une méthode de financement. Les divers plans proposés soulevèrent de
nombreuses controverses. La suggestion d'ajouter des frais de cotisation au
montant exigé pour les cartes de certification, à l'achat de pièces
d'équipement ou au remplissage des bouteilles fut rejetée parce qu'il
s'agissait là d'une sollicitation déguisée. On refusa également la
proposition de financement direct par les agences de certification et les
fabricants d'équipement. Finalement, on décida de solliciter d'abord les
plongeurs eux-mêmes puis de faire appel aux organismes de certification et à
plusieurs compagnies d'équipement de plongée. Ainsi, en 1982, presque le tiers
du budget du DAN provenait directement des plongeurs. En outre, les clubs et les
boutiques de plongée qui acceptaient de commanditer certains événements
spéciaux envoyaient tous les profits directement au DAN. Un club de plongée a
même organisé un pique-nique et un porc à la broche qui ont rapporté près
de 1500$ au DAN !
Malheureusement, les prédictions de l'U.M.S. s'avérèrent justes; le
montant alloué par le gouvernement fédéral fut réduit de 50% en 1982 puis de
25% du budget original l'année suivante. En 1984, la subvention fédérale sera
nulle. A l'université Duke, les administrateurs du DAN durent reconnaître la
nécessité d'un programme de financement plus ambitieux.
Depuis le début de son existence, le DAN a réussi à bien remplir son rôle
tant sur le plan de la consultation que du traitement des victimes d'accidents
de plongée. De plus, les responsables du réseau ont entrepris une cueillette
scientifique et systématique de données relatives aux blessures particulières
aux plongeurs et au traitement utilisé. L'exécution de ce projet a cependant
engendré un climat de tension dans le milieu de l'industrie de la plongée,
certaines personnes craignant que les données recueillies ne soient utilisées
par le gouvernement fédéral dans le but de contrôler le champ des activités
subaquatiques. En fait, aucun renseignement n'a jamais été divulgué
publiquement, la politique du réseau étant de révéler certaines données
uniquement à des organismes ou à des individus directement impliqués dans un
accident. Les renseignements amassés par le réseau sont analysés
confidentiellement, à l'aide d'une méthode tout à fait neutre visant non pas
à nuire a qui que ce soit mais bien à profiter à tout le monde. Sans ces
renseignements, il serait impossible d'identifier les bonnes méthodes de
traitement, d'en analyser les résultats pour les différents types de
blessures, ou de proposer de nouvelles techniques de plongée et de soins.
Jusqu'à ce jour, le principal résultat de la cueillette de données a été
la rédaction d'un guide pratique pour les cas d'urgence en plongée. L'Underwater
Diving Accident Manual du DAN offre une description simple des symptômes
des principales blessures reliées à la plongée de même que les soins
appropriés. On y retrouve, en outre, les lignes directrices ayant trait aux
médicaments et aux intraveineuses qu'un médecin doit administrer à un
plongeur blessé.
Vers la fin de 1982, le personnel du DAN constata deux choses: d'abord que la
demande de la part des plongeurs pour l'information sur la médecine relative
aux accidents de plongée allait croissant et deuxièmement, que les dons
constituaient un mode de financement trop incertain. Puis en août 1983, le Diving
Accident Network devint un regroupement de membres qui prit le nom de Divers
Alert Network. Les services d'urgence du DAN restèrent toutefois les
mêmes. Quant à la diffusion de l'information sur la médecine relative aux
accidents de plongée, elle est assurée par le bulletin du DAN, Alert Diver,
par les articles publiés dans des périodiques traitant de plongée, par l'Underwater
Diving Accident Manual et grâce aux cours de médecine spécialisée dans
le domaine de la plongée, lesquels sont parrainés par le DAN.
Par ailleurs, la cotisation des membres du DAN permet à un plus grand nombre
de plongeurs de tirer profit de l'information fournie tout en assurant le
support vital indispensable à la survie du réseau. En plus de la carte
incluant le numéro du DAN et une liste des symptômes propres aux diverses
blessures, les membres reçoivent un manuel de soins d'urgence, des décalques
indiquant le numéro d'urgence du DAN, à coller sur la bouteille, ainsi qu'un
abonnement à AIert Diver, le bulletin médical du DAN conçu aussi bien
pour le profane que pour le professionnel.
Le Divers Alert Network, dirigé par le Dr Peter Bennett, regroupe les
installations hyperbares suivantes:
Sud-Est: (Durham, Caroline du Nord)
Dr G. Yancey Mebane et M. Chris Wachholz (919) 684-8111
Caroline du Nord, Tennessee, Caroline du Sud, Georgie, Alabama, Floride et les
Caraïbes.
Nord-Est: (Baltimore, Maryland)
Dr Roy Myers et M. Charles Gross (301) 528-6152
Pennsylvanie, Maine, Vermont, New Hampshire, Massachusetts, Connecticut, Rhode
Island, New York, New Jersey, Delaware, Maryland, district de Columbia,
Virginie, Virginie de l'Ouest.
Midwest: (Milwaukee, Wisconsin)
Dr Eric Kindwall et M. Larry Stevens (414) 647-7466 ou (414) 649-7920
Wisconsin, Michigan, Ohio, Indiana, Kentucky, Illinois, Minnesota, Iowa, Dakota
du Nord, Dakota du Sud, Wyoming, Nebraska.
Côte du Golfe: (Nouvelle-Orléans, Louisiane)
Dr Keith Van Meter et M. Jim Persels (504) 363-7655
Louisiane, Texas, Mississippi, Arkansas, Missouri, Kansas, Colorado,
Nouveau-Mexique, Oklahoma.
Nord-Ouest: (Seattle, Washington)
Dr Robert Crawford et Dr Richard Dunford (306) 624-1144
Washington, Oregon, Idaho, Montana, Alaska.
Sud-Ouest: (Santa Barbara, Californie)
Dr Paul Linaweaver (805) 964-6211
Californie, Nevada, Utah, Arizona.
Pacifique: (Honolulu, Hawaii)
Amiral Charles Waite, médecin à la retraite, et M. Frank Farm (808)
523-9155
les îles Hawaii, Mariana, Marshall, Caroline, Samoa, Johnston, Wake, Howland,
Palmyra et Kingman Reel.
Dans une situation d'urgence, un plongeur ou son médecin n'a qu'à composer
le numéro (919) 684-8111 et demander DAN. Les appels à frais virés sont
acceptés dans les cas vraiment très urgents. Le médecin en service qui
répond peut soit prodiguer ses conseils directement à l'interlocuteur, soit
référer celui-ci à un médecin spécialiste local et à la chambre la plus
proche. Au besoin, le médecin peut travailler en collaboration avec l'un des
coordonnateurs régionaux du DAN, dont les noms apparaissent un peu plus haut,
pour organiser le transport et l'admission de la victime aux installations
appropriées. Quant aux personnes qui désirent simplement obtenir des
renseignements, elles peuvent téléphoner du lundi au vendredi entre 9 heures
et 17 heures (heure de l'Est).
Le DAN a été mis sur pied pour répondre à certains besoins spécifiques
des plongeurs; les membres ont droit non seulement à des conseils en cas
d'urgence mais encore à des renseignements relatifs à des problèmes d'ordre
médical. Pour plus de détails, on peut écrire à:
Divers Alert Network
Box 3823
Duke University Medical Center
Durham, NC 27710
U.S.A.