L'institut militaire et civil de médecine environnementale (l.M.C.M.E. aussi
connu sous son sigle anglais de D.C.l.E.M. pour Defence and Civil Institute
of Environmental Medecine) a été créé en 1971 par l'union de
l'ancien Institut Militaire de Recherche de Toronto
( l.M.R.T. autrefois Laboratoire militaire de recherche médicale) et de l'Institut
de Médecine Environnementale (l.E.M.) des Forces armées
canadiennes. Il est situé à Downsview (Toronto), et fait partie des six
instituts de recherche rattachés au Ministère de la Défense nationale du
Canada.
Le but principal de l'Institut est de fournir l'information et l'équipement
nécessaires à permettre l'action humaine dans tous les milieux de vie
(environnements) ainsi que l'utilisation des différents appareils et outillages
en opération dans les Forces canadiennes.
Les tables de décompression l.M.C.M.E. ont été développées en 1983 pour
remplacer les tables de la U.S. Navy. Le problème de ces dernières réside
dans le fait qu'elles sont rarement utilisées telles quelles et que des
correctifs doivent y être apportés pour une décompression sans danger.
L'objectif des Forces canadiennes en développant ses nouvelles tables était
qu'elles puissent être utilisées telles qu'écrites lors de plongées de
travail ardu en eau froide. Bien qu'elles aient été créées en 1983, les
antécédents du modèle de base de ces tables datent de plus de 20 ans.
PLUS DE DEUX DÉCENNIES DE RECHERCHES.
Ces
recherches spécifiques sur la décompression ont été amorcées en 1962 à l'IMRT
et l'IME par Kidd et Stubbs qui voulaient mettre au point un instrument pouvant
contrôler des données sur la profondeur/temps des plongeurs, et qui fournirait
des informations immédiates sur la décompression, quand un profil complexe et
de grandes variation dans les mélanges gazeux rendraient inadéquate l'approche
traditionnelle du tableau de décompression. Les données initiales de leur
ordinateur étaient basées sur le modèle traditionnel de Haldane, tout comme
les tables de 1958 U.S. Navy, mais ils modifièrent et changèrent les
paramètres du modèle jusqu'à ce qu'ils atteignent un bas taux de maladies de
décompression. Différents profils de plongées furent expérimentés: plongée
de profondeur choisies au hasard, plusieurs plongées répétitives, en plus de
plongées régulières à profondeur fixe et à l'intérieur d'un temps de fond
défini. Dès 1967, ils ont mis au point, avec succès, un ordinateur de
décompression basé sur 5000 plongées/hommes. La configuration finale de
l'ordinateur faisait usage d'une série de compartiments tissulaires de
préférence à la disposition par parallèles du modèle haldanien. En 1971,
des ajustements furent apportés pour rendre la plongée profonde plus
sécuritaire.
Dans les années '70, l'utilisation lors de plongées reconnues
"sécuritaires" du détecteur ultrasonique DOPPLER de bulles
"silencieuses"(N.d.l.t. : souvent désignées comme
"asymptomatiques" ou "micro-bulles"), prouva que celui-ci
pouvait servir au développement de nouvelles tables, en mesurant l'existence et
la fréquence de micro-bulles, pour ensuite en minimiser l'incidence.
Désormais, il n'était plus nécessaire de soumettre des plongeurs-cobayes aux
effets de la maladie de décompression pour produire des tables sécuritaires.
L'I.M.C.M.E. s'est avéré un pionnier dans l'utilisation du DOPPLER dans les
recherches sur la décompression.
En 1 979, une étude critique du modèle Kidd-Stubbs fut entreprise utilisant
le DOPPLER. De nouvelles limites opérationnelles sécuritaires furent
établies, et pendant les quelques années suivantes, de très nombreuses
simulations par ordinateur appuyées par des plongées expérimentales se
succédèrent pour améliorer le modèle et accroître le degré de sécurité
des plongées. Le résultat final de ce travail fut les tables de décompression
1983 I.M.C.M.E. Lors des essais de validation des tables, environ 900
plongées/hommes ont été effectuées, utilisant comme critère de sécurité
le détecteur de bulles DOPPLER et les symptômes cliniques de maladie de
décompression. Ces tests ont eu lieu en chambre hyperbare avec des sujets qui
travaillaient en habits isothermiques (combinaison "mouillée"-wet
suit) dans des eaux de 5-10°C, ainsi qu'avec des plongeurs au repos en
combinaisons étanches. Les plongées ont toutes eu lieu selon le temps de
décompression IMCME informatisé le plus exact possible.
Développées pour l'utilisation opérationnelle par les Forces Armées
Canadiennes, elles sont de compréhension plus aisée et sont considérées
parmi les plus sécuritaires des tables existantes. Les Tables de Plongée
Récréative ont été dérivées de ces tables IMCME de décompression à l'air
pour un usage dans des condition dites "sportives".